La religion au Japon

"le japonais naît shinto, raisonne confucianiste ou zen, et meur bouddhiste."

Quand nous voyons les japonais, nous avons souvent l'impression qu'ils côtoient une multitude de religion sans grande distinction. Il nous semble que dans ce pays ultra-moderne, il y a peu voire pas de place pour des croyances, que ces dernières sont à mettre au second plan. Ne reste-t-il que des lieux dédiés comme seuls témoins de la religion au pays du Soleil-Levant? Ou bien est-elle omniprésente?

Introduction des religions au pays du Soleil-Levant

Dans l'ensemble, le Japon a accueilli plusieurs religions et croyances. Un grand choix s'offre ainsi aux Asiatiques, entre le christianisme, l'islam, le taoïsme, le shintô et enfin le bouddhisme.
Mais il faut reconnaître que les principales mouvances religieuses qui dominent dans l'archipel nippon sont le shintoïsme et le bouddhisme. La plupart de ces religions ne sont pas originaire de l'archipel: elles y ont été introduites au fur et à mesure de l'histoire du pays.

Par exemple, le bouddhisme, croyance venant de l'Inde, fut importé au Japon par l'intermédiaire de la Chine au VIe siècle. Au début, peu de gens pouvainet accéder à cette religion, réservée à une certaine élite; ce mouvement ne s'est répandu que très lentement dans la population, sous la forme de deux grands courants principaux, déclinés en une multitude d'écoles de pensée sur la pratique bouddhiste.

Vint ensuite le christianisme qui fut amené par les jésuite Saint François-Xavier au XVIe siècle. Ce dernier, prêchant le message chrétien, réussit à convertir beaucoup de japonais. Cependant, ce nouveau mouvement religieux ne fut pas accepté par le shôgun* et ses adeptes furent durement réprimés au XVIIe siècle, ce qui ralentit considérablement son expansion. La voie du Christ ne survivra au japon que grâce aux quelques "marginaux" la pratiquant.




*signifie « général », c'est la contraction de seiitaishōgun, que l'on peut traduire par « grand général pacificateur des barbares ».

# Posté le vendredi 11 avril 2008 14:40

Modifié le samedi 12 avril 2008 05:55

Le Shinto

  Le Shinto
Le shinto (la Voie des dieux) est la religion d'origine du Japon. Il regroupe en réalité un ensemble de croyances et de superstitions populaires liées à la nature. A chaque élément de la nature correspond une divinité, ou plutôt un esprit (kami). Il y a donc des divinités nationales pour les éléments les plus importants mais surtout une multitude de divinités locales, pour tous les lieux particuliers. On trouvera par exemples des divinités pour les animaux, les forêts, les montagnes, les rizières, les eaux, les sols, etc. Ces kami peuvent être bienveillants ou mafiques, on cherche donc dans tous les cas à s'attirer leur bienveillance par des offrandes, des rituels et des tes.

Les origines du Shinto sont très lointaines et remontent probablement à la protohistoire. Il n'a commencé à se structurer réellement qu'au XIV° siècle. Mais à la fin du XVIII° et pendant l'ère Meiji, il fut utilisé politiquement. On y trouva une légitimation divine du pouvoir impérial : d'après des mythes anciens, le premier empereur de l'histoire du Japon, Jimmu, serait le petit-fils de la déesse du Soleil Amaterasu.
Le na
tionalisme pendant la guerre a cherché à utiliser le shinto en le proclamant religion d'état, dans laquelle l'empereur faisait figure de dieu vivant. Le mythe de l'empereur dieu vivant n'aura donc été qu'une construction politique récente. En fait, les japonais n'y ont jamais vraiment adhérer, ce qui explique qu'ils n'aient pas été choqués, n'y qu'aucun mouvement de volte ne se soit produit lorsque l'empereur Hirohito, après la défaite, a renoncé à ce mythe publiquement, à la demande des américains.
L
e nationalisme indéniable de l'époque avait donc des racines sans lien avec la religion.

Le shinto ne s'embarrasse pas detaphysique et reste terre à terre, quelque peu égocentrique. Les japonais y croient sans y croire et aiment à maintenir le folklore. Par superstition et sensation de bientre, il est toujours bon de faire une offrande et un u pour avoir une bonne santé, de l'argent ou à la veille d'un évènement important : passage d'examen, voyage, naissance, mariage, etc. Le shinto est ainsi entouré d'une atmosphère bon enfant, festif, dénué de tout sens tragique.

# Posté le vendredi 11 avril 2008 14:47

Le bouddhisme

Le bouddhisme
Le bouddhisme, originaire d'Inde, fut importé au Japon par l'intermédiaire de la Chine au Vsiècle. D'abord réservé à l'élite, il s'est lentement répandu dans la population sous la forme de deux grands courants principaux, déclinés en une multitudes d'écoles de pensées (sectes) : l'amidisme, foi dans le bouddha Amida qui apporte la sagesse et sauve les hommes, et le zen, composé de réflexion philosophique abstraite et de divers exercices méditatifs.
Dans le christianisme ou l'islam, les pratiques religieuses ne sont que la manifestation de la foi.
En
revanche, les pratiques du bouddhisme s'inscrivent dans la recherche de la foi, l'approche de la sagesse absolue. L'échec apparaît donc comme acceptable dans ce cadre, ce qui fait du bouddhisme une religion non totalitaire, ni absolue ou exclusive*.

C'est pourquoi le bouddhisme japonais a pu parfaitement s'accommoder du shinto, en considérant les kami comme des manifestations locales de bouddhas. Cette intégration est telle que parfois sanctuaire shinto et temple bouddhiste sont dans une même enceinte. Le régime Meiji s'est également heurté par le passé à la résistance de la population, en voulant séparer les deux religions pour imposer un shinto d'état purifié.
G
râce à cette tolérance, l'histoire du Japon se trouve quasiment vierge de tout conflit religieux. L'interdiction du christianisme était une volonté politique du shogun, mais n'a jamais été provoquée par les moines bouddhistes.

Le b
ouddhisme conduit à un certain fatalisme : la misère, l'injustice sont certes regrettables mais sont le fruit de l'action humaine. On a donc ce que l'on mérite. Ceux qui souffrent paient leurs actes passés ou ceux d'une vie anrieure. Cela explique le grand sentiment de culpabilité de ceux qui échouent (les patrons de PME ayant fait faillite, disparaissant pour leur entourage et devenant des sans-abris en sont un exemple) et la pratique de la chari moindre.
Les
âmes des défunts voyagent et reviennent sur Terre lors de la fête O-Bon à la mi-août.
S'il s'est agi d'une mort violente ou contrariée, l'âme est condamnée à errer sans fin en quête d'une solution ou d'une vengeance. D'où la croyance répandue parmi les japonais dans les fantômes. Au Japon, c'est donc le bouddhisme uniquement qui prend en charge les cérémonie funéraires et tout ce qui touche à la mort, que l'on soit croyant ou pas.

*Proverbe bouddhiste japonais : "Nombreux sont les chemins qui nent au mont Fuji, mais certains sont moins escarpés que d'autres."



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# Posté le vendredi 11 avril 2008 14:58

Le confucianisme

Le confucianisme
Le confucianisme n'est pas une religion. Mais, le shinto et le bouddhisme n'imposant pas de grandes contrainte, le Japon s'est trouvé dans le confucianisme un complément de pensée, une véritable conduite morale. Cette doctrine, morale politique et familiale, bien que n'étant plus enseignée dans l'enseignement primaire et n'étant plus structurée au Japon, est restée diffuse dans les mentalités, consciemment ou non. Elle prêche fidélité, loyauté, piété filiale, respect aux anciens et l'idée de l'amélioration permanente de soi par l'étude. D'où l'assiduité des japonais aux études mais également leur empressement à aborder des activités nouvelles qui peuvent être ludiques, dans les nombreuses écoles proposées à cet effet : cuisine française, danse, art du thé, art floral, etc.

Ai
nsi donc, le japonais naît, grandit et s'amuse shinto, s'éduque confucéen, se marie chrétien, vit dans l'irréligion et meurt bouddhiste ? C'est un lieu commun, mais il a bien une part de vérité. En fait, le japonais ne cherche pas dans la religion une vérité absolue, mais un apaisement. Ces faits peuvent être très déroutants voire choquants pour un occidental, mais il n'en est rien : dans son contexte, cet apparent désordre est en réaliune vraie harmonie, où tout s'agence naturellement.


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# Posté le vendredi 11 avril 2008 15:00

Le vocabulaire

Le vocabulaire

*Anime : Désigne les dessins animés au japon.

*Art-book: ouvrage reprenant des illustrations, des crayonnés, ainsi qu'une description de l'univers, des personnages et des infomations techniques sur une oeuvre.

*Chambara: genre qui désigne les histoires de sabre et d'épée.

*Cosplay: contraction de costume playing. Désigne le fait de se costumer en un personnage de jeu vidéo, d'animation ou de manga.

*Dôjinshi: fanzine nippon, édité par des indépendants, principalement parodique, et souvent érotique.

*Drama (ou dorama): le drama désigne un feuilleton télévisé asiatique ou un récit audio tiré d'une oeuvre.

*Fan-service: orientation d'un programme qui use et abuse de ficelles pour satisfaire un public déjà acquis (érotisme, mécha, etc.).

*Hentaï (ou Echi): désigne la production érotique et pronographique en anime et manga.

*Idol: starlette nippone dont l'espérance de vie "publique" dépasse rarement plus de quelques années.

*Ijime: phénomène désignant les brimades et les humiliations subies par un élève qui est rejeté d'une classe ou d'un groupe.

*Josei (jeune femme) manga: manga pensés pour un public de jeunes femmes, lus au Japon après le lycée (exemple: Happy mania, Kimi wa Pet).

*Kawaii: lit. mignon. Usité dans les manga et anime au visuel charmant (Di.Gi.Charat, Hello kitty).

*Manga: bande déssinée japonaise. Le terme manga s'applique uniquement à l'édition papier, il est impropre à qualifier un anime ou un film d'animation.

*Moe: lit. bourgeon, genre de personnage féminin de manga et d'anime faisant naître un fantasme de protectionnisme (fille ou petite soeur). Rarement sexuel, il est en majorité apprécié par les otaku convaincus, qui y trouvent un substitut affectif, face à leur isolement.

*Mangaka: auteur de manga, qu'il soit scénariste ou dessinateur.

*Nekketsu: littéralement "sang chaud". Un genre du manga qui met en exergue le dépassement de soi, le personnage qui a de la niake.

*OAV: lit. Original Animation Video. Désigne des anime créés uniquement pour le marché de la vidéo au Japon.

*Otaku: lit. dans la maison. Désigne au Japon un fan ultra au comportement asociable, voire névrotique. Il existe des otaku de tout et de rien. En France (principalement), le terme est parfois utilisé, à tort, pour qualifier un passionné de manga ou d'anime.

*Seinen (adulte) manga: manga pensés pour un public de jeunes adultes hommes, lus au Japon dès l'époque du lycée (exemple: Monster, Gantz ...).

*Seiyû: comédien de doublage japonaise.

*Shôjo (jeune fille) manga: manga pensés pour un public de jeunes filles, lus au Japon à partir du collège (exemple: Fushigi yugi, Peach girl).

*Shônen (jeune garçon) manga: manga pensés pour un public de jeunes garçons, lus au Japon à partir du collège (exemple: Zatchbell, One piece).

*Snuff movie: film qui met en scène des meurtres supposés être réels.
Story-board: découpage sous forme de crayonnés d'un anime ou film d'animation, afin que le réalisateur visualise les plans à tourner à l'avance.

*Yaoi manga (ou Shônen ai, ou Boy's love): manga féminin mettant en scène des relations homosexuelles entre hommes, lus à partir du collège, et dont le degré d'érotisme dépend de l'âge des lectrices (exemple: Kizuna, Gravitation).

*Yuri manga : manga mettant en scène des relations homosexuelles entre filles. Les yuri manga s'adressent à un public de jeunes femmes adultes.

# Posté le vendredi 11 avril 2008 15:11

Modifié le mardi 29 avril 2008 05:13